De Maiko à Geisha

Véritable emblème du Japon, les geishas ne cessent de nous intriguer par leur côté mystérieux. Ce sont bien plus que des femmes de compagnie, mais de véritables artistes. Elles doivent maitriser les arts traditionnels à la perfection ainsi que de savoir jouer d'un instrument et danser. Leur posture ainsi que leur attitude doivent être irréprochable.

Par Laurent Culture
Qu'est-ce qu'une geisha, quelle est leur enseignement et où en voir au Japon ?

L'origine des geisha

La naissance du terme geisha remonte au XVIIème siècle lorsque le shogun Tokugawa installa sa capitale à Edo (l’actuelle Tokyo). C’est en 1700 qu’un décret du shogun reconnaît officiellement la profession de geisha ; un code strict réglementa alors leur vie.

Pour comprendre la véritable signification du terme geisha, il faut analyser son écriture en Kanji. Le mot geisha (芸者) se compose du kanji (芸, GEI) qui signifie « art » et du kanji (者, SHA) qui signifie « une personne ». Une geisha est donc une personne versée dans les arts traditionnels japonais, et dont la fonction n’a d’autre objectif que celui de servir et divertir une clientèle aisée, par la conversation, la musique, le chant, la danse ou le jeu. Elles sont considérées, comme un exemple d’élégance et de bienséance.

Historiquement, le terme geisha et désigne exclusivement celles de la région de Tokyo et de ses environs. A Kyoto on leur donne le nom de geiko. De nos jours, le terme geisha est devenu générique et englobe désormais les deux régions.

Les geisha étaient obligées de vivre dans un quartier réservé nommé hanamachi (花街 qui signifie ville fleur), dans une okiya (置屋, maison de geisha). Ces bâtisses, étaient tenues exclusivement par des femmes. Une okiya regroupait entre autre la tenancière, quelques geisha et des apprentis geisha.

Devenir une geisha

Si à l'origine certaines familles modestes vendaient leurs enfants à des okiya, c'est maintenant une démarche purement volontaire, mais devenir geisha reste un enseignement long et difficile. Comment souvent au Japon, la formation se fait par étapes successives, la petite fille passant du statut de shikomi, à celui de minarai, maiko pour ensuite devenir une geisha. Ces étapes existent encore de nous jours.

  • Shikomi. Les jeunes filles sont chargées uniquement de lourdes taches ménagères et sont au service des geisha. Elles commencent aussi l'apprentissage des différentes disciplines artistiques. Cette phase et supposée briser leur caractère et former la futur apprentie Geisha.
  • Lorsqu'elles montrent certains talents (notamment en dance) une shikomi devient alors une Minarai. Elle n'a plus à faire de tâches ménagères et suit une instruction plus artistique. Les Minarai travaillent souvent dans une maison de thé où elles y apprennent la cérémonie du thé.
  • Au terme de sa formation de Minarai, elle devient une Maiko (ou apprentie Geisha). Elle est assignée à une Geisha qui lui transmet son savoir et ses connaissances. C’est d'elle que la Maiko apprendra l’art de la conversation et se perfectionnera dans les différentes disciplines artistiques.
  • La Maiko ne devient geisha qu’au terme d’un examen qui validera sa maîtrise d’un ensemble de disciplines artistiques et de la cérémonie du mizu-age (水揚げ qui signifie défloraison). Cette cérémonie marque le passage de l’état d’apprentie à celui de Geisha et ne pouvait se tenir que si la geisha en charge du suivi et de la formation de la Maiko, estimait que son élève était devenue apte. La virginité de l’apprentie geisha est alors mise à prix.
  • Une geisha n'est pas une prostituée

    Contrairement à ce que pensent de nombreux occidentaux, une geisha ne se livre pas à la prostitution. Elle n'est là que pour divertir une clientèle par le chant ou la musique. Si certaines geisha entretiennent des relations plus intimes avec certains clients, ces relations ne sont pas obligatoires, ne font pas partie de leur prestation et lui sont alors purement personnels. Surtout, elles ne sont pas conditionnées au paiement d’une somme d’argent.

    La confusion provient certainement que leur apparence est très proche des courtisanes nommées Oiran (花魁). Ces prostituées de luxe de l'ère Edo possédaient également en effet un très haut niveau d'éducation et de culture. A l'instar des Geisha, elles revêtaient le kimono et se peignaient le visage en blanc. Le seul signe distinctif entre les deux était le Obi, cette large bande de tissu formant un nœud et servant de ceinture. Les Geisha portent le Obi sur l’arrière du kimono, alors que les Oiran le portent sur l’avant.

    Enfin, l'occupation américaine de Japon à la fin de la seconde guère mondiale à sans doute contribué à semer encore plus le doute. Pour attirer le chaland, certaines prostituées prenaient l'apparence de geisha afin d'apporter la touche d'exotisme si chère aux soldats américains.

    Où voir des geisha de nos jours ?

    Garantes de la tradition japonaise, les geisha n'ont cessé de voir leur nombre décroître malgré un très léger regain ces dernières années. On estime au jour d'aujourd'hui le nombre de Geisha à moins de 15000. On n'en trouve guère plus qu'à Kyoto et malheureusement ce sont rarement de véritables geisha. Ce sont le plus souvent des femmes prenant l'apparence de Geisha pour divertir les touristes. Certaines agences proposent même aux touristes de se farder et de s'habiller comme des Geisha ; les chinoises en raffolent.

    Pourtant les Geisha exercent encore leur activité, mais dans des sphères privées, pour une clientèle restreinte. Mais n'est-ce pas là un retour au origines salutaire ? Les Geisha continuent à faire rêver par leur côté mystérieux et intouchable.

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